Du bloc opératoire au fauteuil roulant, Il a pleuré quand je l’ai quitté Novel – Tout a commencé par une accusation. La sœur adoptive de mon fiancé a affirmé que la crème que je lui avais prescrite lui avait causé une grave infection. Julien était furieux. Il a brisé ma main — ma main dominante, celle que j’utilisais pour rédiger toutes mes ordonnances.
Puis il a pris nos photos — ces clichés intimes de l’époque où nous étions amoureux — et les a mises en ligne. « Occasion à saisir. Gratuite pour qui la veut. » Ses amis ont essayé de le dissuader. — Julien, c’est ta fiancée. Tu vas vraiment la détruire comme ça ? Le ton de Julien est resté calme, presque détaché. — Elle a prescrit le mauvais médicament et a refilé une infection à Chloé. — Chloé est devenue tellement dépressive qu’elle a failli se suicider. Et Zoé refuse encore d’avouer ses torts. Une femme comme ça n’a rien à faire en médecine. Il a ajouté avec désinvolture : — J’essaie juste de lui faire peur.
Je ne laisserai personne… enfin, vous savez, lui faire du mal pour de vrai. Je me tenais dans l’embrasure de la porte, le visage livide. Il ne montrait aucune culpabilité. Il a tendu la main et a enroulé une mèche de mes cheveux autour de son doigt. — Tu as vraiment tout gâché cette fois, Zoé. Et tu dois payer pour ça. — Répare ce que tu as fait à Chloé. Excuse-toi devant elle. Il a marqué une pause, son regard pesant sur moi. — Mais tu es encore à moi. J’ai avalé ma salive avec difficulté, la gorge sèche. Puis j’ai partagé le lien moi-même. En l’espace de quelques secondes, un message est apparu : « Je la prends. » Julien a fracassé sa bouteille de vin contre le mur, le visage s’assombrissant instantanément.
Ses amis n’osaient même plus respirer. L’un d’eux a chuchoté : — Peut-être… peut-être qu’on devrait arrêter avant que ça n’aille trop loin… Julien m’a jeté un coup d’œil glacial. — Qu’est-ce que tu en penses, Zoé ? Tu es prête à venir t’excuser maintenant ? J’ai baissé les yeux et me suis retournée pour partir sans dire un mot. Derrière moi, la voix de Julien a retenti, froide et moqueuse. — Zoé s’en fiche. Alors pourquoi vous vous inquiétez ? Quelqu’un la veut. Pourquoi ne pas la lui donner ? J’ai quitté le club lentement, les jambes tremblantes.
Les gens dans le couloir me dévisageaient en chuchotant. Un homme ivre a bondi sur moi, m’attrapant par la taille. Son haleine empestait l’alcool bon marché. — J’ai été testé positif à la syphilis la semaine dernière. C’est ce que tu cherches, pas vrai ? Viens avec moi. J’ai hurlé à l’aide. Les passants se sont écartés, le dégoût peint sur leurs visages. — C’est la fille d’Internet, non ? Celle qui est facile. — On dit qu’elle collectionne les MST comme des trophées. — Ignore-la. Elle le chauffe probablement exprès.
C’est répugnant. Je tremblais de tout mon corps en criant : — Lâchez-moi ! Mon fiancé est juste là ! Si vous me touchez, il ne vous ratera pas ! L’homme a ricané. — Si t’avais un mec, est-ce que tu serais sur Internet à supplier pour ça ? Ton annonce où tu cherches des malades est partout. Qui voudrait d’une salope pareille ? Il a brandi son téléphone devant mes yeux. Sur l’écran s’affichait la page qui avait fait s’arrêter mon cœur. — Appelle ton fiancé, alors. Fais-le venir pour te sauver. Si tu y arrives, je te touche pas. La porte du carré VIP au bout du couloir s’est ouverte. Julien est sorti, entouré de ses amis. En le voyant, mes larmes ont jailli. J’ai articulé avec difficulté : — Julien ! JULIEN, s’il te plaît ! Julien ne m’a même pas regardée. Il a adressé un sourire en coin à l’ivrogne qui me retenait. — T’es pas assez malade, mon pote. Elle préfère ceux qui sont vraiment atteints, les cas désespérés.
Je l’ai regardé s’éloigner, incrédule. Il ne s’est pas retourné une seule fois. L’homme ivre a éclaté de rire. — C’est Monsieur Morel. Un type comme ça ne voudrait jamais d’une pute comme toi. Je ne sais pas combien de temps je suis restée là avant de voir le sang. L’homme s’est éloigné précipitamment en jurant, terrifié par la tournure des événements. Je me suis relevée péniblement. J’ai marché seule jusqu’aux urgences de la clinique Saint-Jude. Mon bébé n’a pas pu être sauvé. J’avais prévu d’annoncer ma grossesse à Julien comme cadeau pour notre troisième anniversaire.
Maintenant, mon enfant n’était plus qu’une masse de sang et de tissus dans un bassin médical. Ma collègue, Sarah, m’a regardée avec une expression illisible. — Zoé, M. Morel a fait pression sur la direction. Il a exigé que tu sois sanctionnée. — L’hôpital a décidé de révoquer ta licence et de te poursuivre pour dommages et intérêts. J’ai entendu parler… de plus d’un million d’euros. J’ai fermé les yeux, l’amertume me brûlant la gorge. La voix de Sarah s’est brisée. — Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Il a changé du jour au lendemain.
Il a investi des millions ici pour toi. Il a failli mourir pour te sauver. — Il t’aimait tellement. Pourquoi a-t-il brisé ta main et détruit ta carrière pour une autre femme ? Ouais. Pourquoi ?